Aider ses amis à ne pas mourir
Intro:
Salut, je suis carly, j’ai écrit ce zine.
Je suis un.e sorcièr.e queer et genderqueer et un.e colon blanc.he, qui
a commencé à faire de la prévention du suicide en cinquième quand
mes ami.e.x.s ont commencé à me dire qu’iels avaient envie de
mourir. J’ai 35 ans maintenant, je suis thérapeute, animateurice et
liseureuse de tarot, et parfois mes ami.e.x.s me disent encore qu’iels
ont envie de mourir. Moi aussi, pendant longtemps j’ai eu envie de
mourir, ou plutôt, j’étais réellement terrifié.e de ne pas savoir comment
continuer à vivre. J’ai suivi une formation en pair-aidance, d’abord en
tant que volontaire au Centre de soutien des étudiant.e.x.s victimes de
harcèlement sexuel à l’université McGill à Montréal, au début des
années 2000, un peu plus (mais pas tant) quand j’étais en école de
travail social, et un peu plus pendant ASIST en 2015. J’ai été frappé.e
par le fait que plus la formation est institutionnalisée, plus l’attention
portée aux rapports de pouvoir et de privilèges diminue. Je crois
sincèrement que l’oppression (misogynie, racisme, transphobie,
homophobie, validisme, colonialisme) joue un immense rôle non
seulement dans le profil des personnes qui risquent de vouloir mourir
ou de mourir du suicide, mais aussi dans le profil des personnes qui
ont accès à du soutien et des services autour du risque suicidaire. Je
voulais engager des discussions avec celleux qui refusent de
dénoncer leurs potes aux keufs, ou qui soutiennent des personnes qui
ont eu des expériences vraiment horribles ou néfastes aux urgences
et en HP, sur nos façons d’être présent.e.x.s pour les gens que nous
aimons et notre communauté, lorsque des gens envisagent de quitter
ce monde.